Cerveautisme  © Androgyn 2008

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Qu’est-ce que l’autisme ?

Considéré comme maladie mentale, trouble psychologique ou handicap mental, l’autisme est en tout cas un Trouble Envahissant du Développement (TED). Le mot « autisme » a été utilisé pour la première fois en 1943 par Léo Kanner qui estime que l’on peut parler d’autisme lorsqu’on rencontre les symptômes* suivants : troubles de l’interaction sociale, troubles du langage et stéréotypie (comportements répétitifs). Mais en réalité, l’autisme est bien plus difficile à définir car il existe une multitude de signes qui apparaissent ou disparaissent selon les individus. Syndrome** d’Asperger, X fragile, syndrome de Rett sont autant de syndromes qui entrent dans le spectre autistique sans pour autant répondre à la définition de Kanner. Les scientifiques font la distinction entre l’autisme non syndromique, dont l’origine est inconnue, et l’autisme syndromique, qui est lié à une anomalie génétique connue, telle que l’X fragile (30% des enfants porteurs de l’X fragile ont un autisme associé).

Activation des aires cérébrales à l'écoute de la voix humaine, chez une personne normale.
Non-activation des aires cérébrales chez une personne autiste à l'écoute de la voix humaine.

Personne

normale

voix / non-voix (bruit)

Personne autiste

Activation et non-activation des aires cérébrales chez des non-autistes et des autistes, à l’écoute d’une voix humaine et d’un bruit.

(Gervais et al., Nat. Neurosc. 2004)

Il a été prouvé que le cerveau des autistes présente des dysfonctionnements dans plusieurs aires importantes. Cela a des conséquences graves sur leurs interactions sociales et leurs facultés cognitives. Par exemple, les autistes sont incapables de différencier la voix humaine d’un bruit quelconque, ce qui rend la communication difficile.

Il faut cependant noter que les fonctions cognitives (fonctions servant à l’apprentissage) des autistes restent fonctionnelles, même en cas de retard mental lourd comme chez les autistes profonds. Les personnes qui ont avancé que les autistes sont bêtes et incapables d’apprendre n’ont donc plus qu’à aller se cacher. Non seulement les autistes peuvent apprendre, mais ils sont aussi capables de prouesses qu’une personne non-autiste serait incapable de réaliser. Certains peuvent dire combien d’allumettes se trouvent sur une table, même s’il y en a des centaines, et ce sans les compter une à une (voir Rainman). D’autres peuvent réaliser des constructions parfaitement droites et de longueur égales et ce sans le secours d’un quelconque appareil de mesure.  D’autres encore calculent mentalement des opérations complexes en une seconde à peine. D’après certains scientifiques, le handicap social des autistes serait compensé par ces compétences exceptionnelles. Donc, le cerveau autistique fonctionne et se développe, anormalement certes, mais il fonctionne. Tout le monde, ou presque, connaît la mémoire phénoménale des personnes autistes dans certains domaines. Peter Vermeulen, d’ailleurs, compare la pensée autistique au fonctionnement d’un ordinateur parce que les autistes, de haut niveau notamment, sont très logiques et très précis dans leurs raisonnement (cf. Comment pense une personne autiste ?, éd. Dunod, 2005).

Autisme

* signes perceptibles ou observables qui permettent de déceler un état, notamment une maladie. Dans l’autisme, le regard absent et la stéréotypie constituent des symptômes.

** association de plusieurs symptômes constituant une entité clinique reconnaissable, comme une maladie bien définie.